Lundi 8 mars 2010
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Et pas "journée de la femme" comme se plaisent à la nommer les pro du markéting, sinon, d'ici peu on la nommera "fête de la femme", et là, je vais me hérisser.
A cette occasion, je voulais réagir sur les propos de madame Badinter. Je cite :
"Dans un nouveau livre, où elle fait de nouveau usage de sa liberté de ton, la philosophe combat l'idée que la femme doit tout à son enfant, « son lait, son
temps, son énergie ».
Entretien
Vous décrivez une « révolution silencieuse », le retour de la maternité au coeur du destin féminin. L'a-t-elle jamais quitté ?
Il y a trente ans, on débattait publiquement de l'émancipation des femmes, de l'égalité entre les sexes, du partage du travail. Les femmes défendaient leur liberté, une diversité de styles de vie
et de modèles maternels. Depuis, une révolution souterraine a eu lieu. On exalte l'identité féminine. Des pressions s'exercent pour retrouver le modèle de la mère au foyer. C'est une régression que
beaucoup d'Européennes refusent. Plus d'un quart des Allemandes restent sans enfant.
Faire le choix de la maternité, est-ce forcément aliéner sa liberté ?
Je ne mène pas un combat contre la maternité. Je mets en garde les jeunes contre le retour d'une idéologie naturaliste. Je crie au casse-cou si elles font le choix de l'épouse dévouée à son foyer.
Qu'elles n'oublient pas qu'un couple sur deux ou trois se sépare. Que rien n'est pire que de se retrouver sans emploi, seule avec un enfant. Ou, faute d'avoir les moyens de se séparer, de devoir
rester aux côtés d'un homme qui ne vous convient plus ou qui vous maltraite.
Vous avez toujours combattu l'idée d'instinct maternel. Avec ce livre, le combat continue...
En effet. De l'OMS au ministère de la Santé, en passant par les pédiatres et les sages-femmes, on assigne aux femmes le devoir d'allaiter. Toutes le doivent, le peuvent, c'est un commandement de la
nature. Sinon, vous avez droit à cette phrase culpabilisante : « Vous ne voulez donc pas le meilleur pour votre enfant ? » Désolée, mais il y a deux catégories de femmes. Celles qui aiment à se
retrouver dans l'état de mammifère et celles qui détestent. Celles qui adorent allaiter et celles qui n'aiment pas. Nous n'appartenons pas à l'espèce des babouins, qui font tous la même chose.
Vous poussez le bouchon très loin : le nouveau maître de la femme serait le bébé !
C'est une provocation. Mais quand on prétend que « c'est à la mère d'allaiter le bébé, le père n'a pas à donner le biberon », de fait, le père disparaît et le partage des tâches recule.
Vous mettez dans le même sac naturalistes, écologistes, adversaires des biberons et défenseurs des couches-culottes lavables. Amalgame ?
C'est le même mouvement d'idée : priorité au naturel. L'histoire des couches-culottes est révélatrice. Plus de couches jetables, elles polluent. Le raisonnement écologiste l'emporte sur le
raisonnement féministe qui voudrait que l'on produise des couches biodégradables. Et surtout que l'on ne me dise pas, comme Mme Duflot, que la solution est la couche lavable que les hommes aussi
peuvent enfourner dans les machines à laver. Les hommes ne font pratiquement rien à la maison.
La France possède un taux de natalité record. Cela affaiblit-il votre thèse ?
Les Françaises sont formidables : elles n'abandonnent ni le travail ni la maternité. On ne les culpabilise pas pour qu'elles ne soient que mères au foyer comme la « Mutter » allemande ou la « mamma
» italienne. Notre politique nataliste est l'une des meilleures d'Europe, malgré le manque de places en crèche. Mais pour combien de temps ? Face à ce reflux du combat féministe libératoire, je
mets en garde les jeunes générations : ne vous soumettez pas à un modèle exclusif.
Recueilli par Bernard LE SOLLEU. " pour ouest
france
Contre toute attente, je suis d'accord avec une partie de ces propos, même si je ne partage pas tout
:
Ce qu'elle dit
sur l'indépendance des femmes, je le partage profondément. Combien de femmes en situation de grave précarité. Précarité que l'on
retrouve également au moment de la retraite.
Je le partage, à condition de ne pas culpabiliser celles qui font un autre choix de vie, comme celui d'être au foyer, et à condition que l'on trouve d'autres solutions pour ces dernières, et
pourquoi pas ces derniers.
Sur les couches:
Je ne partage pas tout à fait.
Les couches lavable, il me semble que c'est un progrès si et seulement si, c'est un choix familial, que tout le monde participe... En effet, si ce doit être la femme qui se coltine tout, cela
devient un retour en arrière.
Sur l'allaitement, je suis contre toute culpabilisation. On fait ce que l'on veut. Point. Dans un sens, comme dans l'autre. Et je préfère parler d'allaitement au sein, et d'allaitement au
biberon. Sous entendre qu'un bébé qui n'est pas au sein, n'est pas allaité a déjà quelque chose de culpabilisant.
Et le sein, ce n'est pas un devoir. Là, je suis d'accord.
Dans tout les cas, tout doit être fait pour aider les parents, que l'on choisisse le sein ou le bib, ou les 2. Pour que ce soit une réussite et un moment de bonheur partagé.
En fait, ce qui me choque lorsque l'on est parent en 2010, c'est la façon dont on est culpabilisé en permanence. Tout le monde se sent habilité à faire son diagnostic, cela va des médias, à
l'entourage. Comment on nous sert des conseils, des points de vue contradictoire à tout moment, en nous faisant flipper continuellement (si vous ne faite pas comme je l'ai dis, vos enfant seront
délinquants, drogués, psychopathes...).
et s'il n'y avait pas UNE bonne manière de faire, mais DES bonnes manières de faires.
Je pense tout de même que l'arrivée d'un enfant est un évènement central dans une vie. Mais elle ne conditionne pas toute la personne. Cela serait réducteur pour ceux qui n'en ont pas.
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