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Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /2010 15:10
Bon d'accord, je tombe de l'armoire, le film étant sorti en 2008. J'en avais entendu parler, mais la vie étant courte, je ne l'ai pas vu. Et pas vu, pas pris...
Jusqu'il a peu.
J'ouvre ma boite, et découvre un mail, m'intimant de voire immédiatement la bande annonce. Bonne fille je m'exécute, embêtée tout de même pas le titre.
Nos enfants... Qui est-on, qui est-il pour parler au nom de nos enfants?
Je suis très sensible aux questions écologiques, mais je suis très troublée depuis quelques temps, par une sorte de discours moralisateur, adressé aux foules notamment par des réalisateurs, écrivains...



Je ne nie pas la théorie développée (toujours dans la bande annonce, je ne peux me prononcer sur le film). Bien entendu, dans notre agriculture, notre nourriture, des produits dont la dangerosité est avérée plombent sans nul doute notre santé.

Mais je n'apprécie pas le traitement qui est fait de ce postulat :

1 - nos enfants nous accuseront : d'accord, cela implique t'il que l'enfant du smicard qui ne peux pas s'acheter de bio accusera son père ou sa mère, tandis que celui dont les parents avaient les moyens d'acheter de la qualité diront : merci papa, merci maman?
A l'heure actuelle la préoccupation de beaucoup de gens est de boucler le mois, lorsque loyer entame déjà une bonne partie des revenus, et que la précarité va en s'accroissant.

2 - Que les écoles se mettent au bio, je dis bravo, et j'applaudis des 2 mains.

Par contre que l'on utilise les enfants pour passer son message, via chorale scolaire... j'apprécie moyen. (
De la même manière, je n'apprécie pas les initiatives qui consistent à demander à des écoliers de nettoyer la nature, là où ça devrait être le rôle des collectivités : d'abord parce que c'est un métier, avec deles règles d'hygiène et sécurité que cela implique.

Mais c'est avant tout une décision politique, et la question est peut-être citoyenne. Or, donne t'on aux citoyens, (je parle de tous les citoyens, pas seulement les personnes qui ont la chance de bénéficier d'un haut niveau d'information, d'éducation) tous les outils pour que ces question viennent réellement en débat? Qui est responsable? Qui doit investir dans une agriculture de qualité?

3 - Encore une fois, ces questions, aussi légitimes soient-elles sont amenées, déjà dans le titre de façon culpabilisante, et ensuite, on le voit dans les extraits, en jouant sur l'émotionnel, limite voyeuriste avec les petits enfants cancéreux.

4 - Peut-on réduire la problématique des cancers, diabète, stérilité... bref, de la santé en général à la seul question de la nourriture? L'employée, l'ouvrier, les salariés en général qui utilisent quotidiennement des huiles de coupe, éther de glycol ... devront-il se faire accuser par leurs enfants? Tant qu'on y est, les filles distilbenes devraient-elles accuser leur mère d'avoir consommé quelque chose de dangereux à leur insu? et les autres causes environnementales? Professionnelles? Qu'en fait-on, doit-on les exclure?

5 - je ne peux m'empêcher de penser que nos enfants auront aussi d'autres raisons d'être en colère (mais pas forcement d'accuser leurs parents). Environnements, guerres, conditions de travail, niveau social ...

D'ailleurs, peut-être que maintenant déjà, des enfants ont des raisons d'être en colère?
Ceux qui n'ont pas accès à l'eau potable, ceux qui sont mal logés (si, si, ça existe encore en France des mômes atteints de saturnisme), ceux qui n'ont pas accès à l'éducation, ceux dont les parents bossent pour des salaires de misère le dimanche et à pas d'heure en semaine à la caisse du supermarché...
Et que dire des enfants victimes des guerres , des famines, et dont la préoccupation pour l'instant n'est pas encore de manger bio. (je sais je parle de situation qui ont des niveau de gravité différents, mais bon, puisqu'on en est là....)


Bref, je veux bien que l'on s'accuse, mais au préalable ce serait bien de resituer le débat.

D'où parle t'on? A qui parle t'on? De qui parle t'on?

Bien entendu, je souhaite un monde sans pesticides, une nourriture saine pour tous les humains... Autant que possible je fais gaffe à ce que mets dans mon panier (parce que je peux encore un petit peu m'en taper le luxe, et que je sais comprendre une étiquette).

Je demande simplement, à ce que l'on utilise un autre ton que celui de la culpabilisation à outrance, et que l'on agite pas le spectre de ce que pourrait nous balancer nos enfant plus tard.

J'aimerais aussi que l'on arrête de jouer sur les sentiments, la peur de la mort, de la maladie... Parce que ce genre de discours, c'est indécent pour ceux qui ont à l'affronter pour eux et pour leur entourage. Je ne suis pas persuadée que ce sera comme ça que l'on arrivera à faire évoluer la situation.

Ceci-dit, je ne nie pas la rigueur et la justesse de ce qui est avancé, ni même la légitimité de dénoncer les dérives de l'agriculture intensive et de l'agro-alimentaire.

Par ciboulette - Publié dans : environnement
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Mercredi 10 février 2010 3 10 /02 /2010 11:31
Et puis, na, c'est comme ça!
Je vous cite l'article de France Nature environnement:


"Le gouvernement français vient de se prononcer pour une interdiction du commerce international du thon rouge d’ici 18 mois, sans pour autant interdire toute pêche, et soutiendra ainsi la demande de Monaco pour la prochaine conférence de la CITES. Pour FNE, il s’agit d’une position de bon sens face à une situation déplorable.


Le gouvernement français vient donc de décider de la seule position réaliste en vue de la prochaine conférence de la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction) à Doha du 13 au 25 mars qui doit débattre de l’avenir de l’espèce et de sa pêche : soutenir la demande d’inscription à l’Annexe 1 de la Convention qui a été présentée par Monaco, et qui conduit en principe à l’interdiction du commerce international (en clair, vers le Japon, premier consommateur), mais pas celui au sein de l’Europe, et encore au moins au sein d’un pays pêcheur.

Cette position est de bon sens, car seul Monaco a le droit de soulever la question, sachant qu’aucun pays n’a déposé dans les délais une demande pour l’Annexe 2. Celle-ci, moins contraignante, permet théoriquement d’encadrer le commerce international sans l’interdire (contrôles douaniers). Or si l’Europe ne commence pas par soutenir Monaco 1, il ne sera même pas possible d’obtenir l’Annexe 2 dans la négociation.

Pour ne pas se heurter d’entrée de jeu à un refus frontal de nombre de pays qui conduirait à un échec certain, et pour donner un temps d’adaptation aux pêcheurs, la France propose un délai de 18 mois qui s’ajoute aux 3 mois de délai de rigueur avant l’entrée en vigueur de toute décision de la CITES.

La fédération France Nature Environnement déplore l’échec des Etats poussés par l’égoïsme national et les lobbies professionnels, qui a conduit à un quasi effondrement du thon rouge. Elle salue néanmoins le revirement français et européen. Pour Christian Garnier, vice-président de FNE « La voie de la CITES n’est pas celle que nous aurions souhaité, mais il faut s’y résoudre. Les experts savent que, Annexe 1 ou Annexe 2, des moyens existent de s’y soustraire légalement. Mais la CITES donne néanmoins des bases juridiques pour mieux combattre la pêche illicite, à l’origine des plus graves pressions. »

Quel que soit l’aboutissement de la négociation, Annexe 1 ou Annexe 2, il doit conduire à une réduction notable de l’effort de pêche. Pour Denez L’Hostis, pilote de la mission mer, « Pour la France, contrairement à ce qui est souvent affirmé, il ne s’agit pas d’arrêter toute forme de pêche, mais de réduire considérablement la pression durant quelques temps, et surtout de mettre un terme au trafic quasi-mafieux de thons immatures en direction des cages d’engraissement, situées notamment en Lybie ou à Malte. En aucun cas, le commerce du thon pêché et vendu au sein de l’Union européenne n’est menacé. »

Le vrai danger serait que l’Europe ne parvienne pas à faire pression à la CITES pour renforcer les mesures de protection, et, davantage encore, s’organiser pour exercer d’urgence un contrôle et une police efficaces de ce qui se passe dans les eaux européennes. Particulièrement si un sursis de 18 mois est accordé. Et là, il ne s’agit plus d’une question annexe. "

Dans le même temps, une décision s'impose, car quand il n'y en aura plus, et bien, il n'y en aura plus, donc, de toute façon, les pêcheurs ne seront pas plus avancés...

Vous vous souvenez du Dodo?

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/e/e1/Dodo_1.JPG/250px-Dodo_1.JPG

Par ciboulette - Publié dans : environnement
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